Le prix des tuniques officielles de vos clubs préférés s’envole en boutique, mais la réalité derrière leur fabrication fait froid dans le dos. Une enquête exclusive révèle des conditions de travail déplorables dans les usines asiatiques qui fabriquent ces équipements vendus à prix d’or.
Moins d’un livre sterling de l’heure pour coudre vos maillots
L’enquête menée par BBC Sport dévoile l’envers du décor. Des ouvriers au Cambodge fabriquent les maillots officiels d’Arsenal, de Liverpool ou d’Aston Villa. Leur salaire de base ? Moins d’une livre sterling de l’heure. C’est dérisoire.
Les deux usines ciblées se nomment Bowker Garment Factory et Trax Apparel. Les employés y subissent une pression constante. Ils doivent produire jusqu’à 700 articles par jour. Le rythme est infernal.
Les fiches de paie révèlent des salaires de base mensuels de 158 à 166 livres. Avec les heures supplémentaires, certains atteignent péniblement 226 livres. Les travailleurs peinent à survivre. La pauvreté est réelle.
Chaleur extrême et abus verbaux
Les conditions de travail sont qualifiées de sinistres par les observateurs de la Clean Clothes Campaign. Dans les ateliers de repassage, le thermomètre dépasse régulièrement les 35°C. L’air y est étouffant.
La tension est quotidienne. Des salariés témoignent sous anonymat d’insultes et de cris lorsque les quotas de production ne sont pas atteints. D’autres évoquent des décharges électriques sur des machines non sécurisées. Le danger est partout.
La marque Adidas n’est pas propriétaire de ces usines mais les utilise comme fournisseurs principaux. Le géant allemand équipe huit clubs de Premier League. Il affirme effectuer près de 1 200 audits par an pour garantir des normes de sécurité décentes.
Des prix en hausse constante pour les supporters
Pendant ce temps, les supporters tirent la sonnette d’alarme. Le prix moyen d’un maillot réplica a augmenté de plus de 50% en dix ans. Les maillots officiels d’Arsenal coûtent aujourd’hui 85 livres, et grimpent jusqu’à 120 livres pour la version « authentic ». C’est trop cher.
Pour un maillot à 85 livres, seuls 8,50 livres couvrent le tissu, la couture et le transport. Le reste part chez le distributeur et le fabricant. Cette situation pousse de nombreux fans vers des contrefaçons bon marché. La tentation est forte.
Les clubs concernés ont refusé de s’exprimer. Les campagnes pour les droits des travailleurs rappellent pourtant que le respect doit être la règle de base dans le sport.

