L’UEFA a durci le ton sur la propriété multiclubs (MCO). Pour éviter des conflits d’intérêts qui entacheraient « l’intégrité sportive », l’instance européenne impose des règles draconiennes. Résultat : la moitié de la Premier League est actuellement en train de remanier ses organigrammes pour ne pas finir comme Crystal Palace.
La règle d’or : Pas deux clubs dans la même cour
Le principe de l’UEFA est simple : deux équipes liées ne peuvent pas participer à la même compétition. Le seuil critique est fixé à 30 % des parts ou, plus subtilement, à une « influence décisive » sur les décisions clés. Si un conflit est détecté, la sanction tombe : l’équipe la moins bien classée (ou engagée dans la compétition la plus basse) est exclue ou reversée rappelle BBC Football.
Les trois dossiers brûlants de 2026
1. Everton & AS Roma : Le dilemme Friedkin
C’est sans doute l’histoire la plus fascinante. Dan Friedkin est président des deux clubs. Everton (11e) lorgne sur la 6e place (Ligue Europa), tandis que la Roma se bat pour le même ticket en Italie.
- Le risque : prouver que Friedkin n’exerce aucune influence partagée.
- La manœuvre : Everton a déposé une solution confidentielle avant le 1er mars, mais l’UEFA scrute de près la présence de Friedkin dans les deux conseils d’administration.
2. Chelsea & Strasbourg : La machine BlueCo à l’épreuve
Pour beaucoup, c’est l’exemple type du club « satellite ». Liam Rosenior a fait le pont entre l’Alsace et Londres, et 11 joueurs ont circulé entre les deux entités cette saison.
- Le « nettoyage » : Fin février, quatre membres clés de BlueCo (dont les directeurs sportifs de Chelsea, Paul Winstanley et Laurence Stewart) ont démissionné du conseil de Strasbourg.
- La menace : Si les deux clubs se qualifient en Ligue Europa, l’UEFA pourrait interdire tout transfert entre eux jusqu’en 2028.
3. Nottingham Forest : Le pari du « Blind Trust »
Evangelos Marinakis a choisi une voie radicale pour éviter le conflit avec son autre club, l’Olympiakos : la fiducie aveugle (Blind Trust).
- Le problème : Bien que Marinakis ait officiellement cédé le contrôle le 28 février, les registres de la Premier League n’ont été mis à jour que le 17 avril.
- L’enjeu : L’UEFA acceptera-t-elle la date du 28 février comme preuve de mise en conformité ?
État des lieux des structures multiclubs (Saison 2025/26)
| Propriétaire | Club A (Angleterre) | Club(s) B (Étranger) | Stratégie de conformité |
| Groupe Friedkin | Everton | AS Roma (Italie) | Discrétion / Refonte du Board |
| BlueCo | Chelsea | Strasbourg (France) | Démissions croisées des directeurs |
| E. Marinakis | Nott. Forest | Olympiakos (Grèce) | Fiducie aveugle (Blind Trust) |
| Tony Bloom | Brighton | Union SG (Belg.) / Hearts (Éco.) | Participation limitée à < 30% |
| 49ers Enterprises | Leeds United | Rangers (Écosse) | Démission des administrateurs |
L’analyse de la rédaction : La fin de l’impunité ?
Pendant des années, l’UEFA a laissé une certaine souplesse aux clubs, leur permettant de s’ajuster après leur qualification. Ce temps est révolu. La date limite du 1er mars est désormais une barrière infranchissable, comme l’ont appris à leurs dépens Crystal Palace et Drogheda United.
Le modèle multiclub, pensé pour optimiser les transferts et les revenus, devient un véritable boulet administratif dès que le succès sportif pointe son nez. Pour des clubs comme Brighton, qui a sagement limité ses parts à 29 % dans ses clubs partenaires, la transition sera douce. Pour Chelsea ou Everton, c’est une partie de poker juridique dont l’enjeu se chiffre en dizaines de millions d’euros de droits TV européens.



