La dernière sélection de Thomas Tuchel, qui ne compte qu’Harry Kane comme véritable avant-centre, a mis en évidence une crise profonde dans le football anglais : la pénurie d’attaquants de pointe traditionnels. L’Angleterre dépend dangereusement de son capitaine de 32 ans. Des légendes comme Alan Shearer et Chris Sutton pointent du doigt les changements tactiques et le faible temps de jeu des attaquants anglais en Premier League pour expliquer ce déclin alarmant.
📝La dépendance à Harry Kane
La dépendance de l’Angleterre à Harry Kane est flagrante. En dépit de l’appel d’attaquants polyvalents (Rashford, Foden, Bowen, Gordon), l’absence de véritable N°9, même chez les jeunes (U21), est une « réelle source d’inquiétude » avant la Coupe du monde de l’été prochain et au-delà.
📉 Un déclin statistique brutal
Le déclin des attaquants anglais n’est pas soudain, mais s’est accentué de façon spectaculaire :
- Chiffres actuels : Seulement huit attaquants anglais ont fait leurs débuts en Premier League cette saison. Liam Delap (22 ans) est le seul à avoir moins de 26 ans.
- Baisse de production : La saison dernière (2023-24), seuls trois attaquants anglais ont marqué 10 buts ou plus, contre 20 lors de la première saison de Premier League (1992-93).
- Projection inquiétante : Jusqu’à présent, les attaquants anglais n’ont inscrit que 11 buts collectivement, et sont en passe d’en marquer un maigre total de 38 sur l’ensemble de la saison, soit moins de la moitié des buts marqués il y a quatre ans.
🎤 Le verdict des experts : Les causes du phénomène
Les anciens attaquants légendaires identifient deux facteurs majeurs expliquant cette pénurie :
1. Le faible temps de jeu en Premier League
Chris Sutton, ancien Soulier d’or, souligne la concurrence accrue des attaquants étrangers :
Chris Sutton : « Combien d’avant-centres anglais sont titulaires en Premier League actuellement ? Cela tient à la qualité des joueurs que les clubs peuvent attirer d’ailleurs. »
Seuls Danny Welbeck, Ollie Watkins et Dominic Calvert-Lewin ont été titulaires plus de trois fois cette saison.
2. L’évolution et le coaching tactiques
Alan Shearer, coéquipier de Sutton, pointe du doigt l’impact des entraîneurs et des nouvelles philosophies de jeu sur la formation des jeunes :
Alan Shearer : « Vu la façon dont les jeunes s’entraînent et le coaching qu’ils reçoivent, personne ne veut jouer avant-centre car on touche très rarement le ballon. […] Je suis convaincu que c’est la raison pour laquelle il y a un manque de numéros neuf, en particulier dans notre pays. »
Michael Owen est d’accord, affirmant que s’il émergeait aujourd’hui, il jouerait « sur les ailes » car il n’aurait pas le gabarit pour occuper deux défenseurs. L’abandon du 4-4-2 et la valorisation des ailiers qui repiquent dans l’axe ont transformé la position d’attaquant central.
⚠️ Un « énorme problème »
Chris Sutton résume la situation : « Si vous êtes un avant-centre anglais aujourd’hui et que vous savez frapper droit au but, vous avez de bonnes chances d’aller à la Coupe du monde. » Le manque de profondeur de talent chez les N°9 est un « énorme problème » comparé à l’incroyable vivier des années 1990.



