Ce mercredi soir, au moment de pénétrer dans l’arène du Metropolitano pour défier l’Atlético de Madrid en demi-finale aller de la Ligue des champions, Arsenal ne ressemble plus au rouleau compresseur qui survolait la Premier League en janvier. Analyse…
Le « Cerveau » et la « Flèche » enrayés
L’an passé, la réussite d’Arsenal reposait sur l’alchimie entre Martin Ödegaard et Bukayo Saka. Cette saison, ce duo n’est qu’une ombre statistique : à cause de blessures à répétition, ils n’ont débuté ensemble que 10 rencontres toutes compétitions confondues.
Si le capitaine norvégien a repris début avril, il cherche encore son rythme. Quant à Saka, son retour pour dix minutes face à Newcastle après deux mois d’arrêt (tendon d’Achille) est une lueur d’espoir, mais sa capacité à tenir l’intensité d’un match face aux bouchers de Diego Simeone reste la grande inconnue du soir.
Le vide laissé par Mikel Merino
Le « couteau suisse » d’Arteta manque terriblement à l’équilibre des Gunners. Opéré d’une fracture de fatigue en février, l’international espagnol était le régulateur thermique de l’équipe.
Le paradoxe Viktor Gyökeres
Recruté pour 76 M€ cet été pour être le dernier morceau du puzzle, le Suédois de 27 ans vit une adaptation contrastée. Certes, ses 17 buts sont respectables, mais son intégration collective patine. Il offre trop peu de solutions par ses déplacements et son jeu en appuis, forçant Arteta à bricoler : le coach espagnol a déjà testé 21 quatuors offensifs différents en championnat cette saison. Face à la blessure de Kai Havertz, Gyökeres jouera gros à Madrid.
L’obsession d’Arteta : Passion ou Tension ?
Sur son banc, Mikel Arteta ne diffuse pas de la sérénité. Gesticulant, s’agaçant contre l’arbitrage ou ses propres joueurs, le technicien de 44 ans semble dévoré par son « obsession » du titre.
« Il vivrait comme un échec monumental le fait de laisser filer ce titre de champion qui fuit le club depuis vingt-deux ans. » (BBC)
Cette fébrilité se transmet parfois sur la pelouse, comme l’a montré le comportement limite de Gabriel Magalhães lors du choc récent contre City. Pourtant, Arteta reste droit dans ses bottes : il croit au doublé Premier League / C1 et refuse de choisir entre les deux tableaux.
Le test de caractère
Arsenal est à un tournant. La pente est glissante, mais le tableau de la Ligue des champions est « ouvert ». Pour ne pas tout perdre en quinze jours, les Gunners devront retrouver cette maîtrise technique qui faisait d’eux les favoris du pays en décembre. Face à l’Atlético, l’enjeu ne sera pas seulement tactique, il sera mental : prouver que cette équipe a enfin le cuir assez épais pour résister à la pression du sprint final et disputer sa première finale de Ligue des Champions depuis 20 ans et une défaite à Paris face au FC Barcelone.



