Le coup de bluff d’Emery, le coup de poing de De Zerbi
L’atmosphère était électrique avant même le coup d’envoi. Lorsque la feuille de match d’Unai Emery est tombée, la surprise fut totale : sept changements, avec les piliers Watkins, Konsa, Torres et Digne sur le banc. Une « lettre d’encouragement » envoyée involontairement aux Spurs, Villa ayant clairement la tête à son match retour de Ligue Europa contre Nottingham Forest jeudi.
Mais si la porte était entrouverte, encore fallait-il la défoncer. Galvanisés par l’appel aux armes de De Zerbi — qui avait exhorté ses joueurs à « mourir sur le terrain » plutôt que de pleurer — les Spurs ont livré leur prestation la plus aboutie de la saison.
Gallagher et Richarlison : Les symboles du renouveau
Arrivé en janvier en provenance de l’Atlético de Madrid (après avoir refusé… Aston Villa), Conor Gallagher a enfin justifié l’investissement. Omniprésent, il a ouvert le score pour son premier but sous ses nouvelles couleurs.
« Quand Gallagher joue comme ça, c’est comme avoir 12 joueurs sur le terrain. Il est partout : attaquant, milieu, latéral. C’est la passion pure. » — Roberto De Zerbi (BBC Football)
Richarlison, de la tête, a doublé la mise pour son 11e but de la saison, concrétisant une domination tactique totale. La réduction du score d’Emi Buendia en fin de match n’a rien changé : l’assurance était du côté des visiteurs.
« Je ne veux plus de voix positives »
Fidèle à son exigence maladive, De Zerbi a refusé de céder à l’euphorie au micro de Match of the Day. Pour lui, le travail ne fait que commencer. S’il a loué l’esprit exemplaire de ses joueurs, il a immédiatement exigé un retour au calme et à la concentration.
« Maintenant, je ne veux plus entendre de voix positives. Nous devons rester concentrés sur le prochain match. On ne peut pas se contenter de ces deux victoires. » Pour la première fois depuis les deux premières journées de la saison, Tottenham vient d’enchaîner deux succès de rang.
Le moment charnière
Pour comprendre l’ampleur de la performance, il faut se rappeler d’où viennent ces Spurs : un club traumatisé, dirigé par trois entraîneurs différents cette saison, et incapable de montrer la moindre once de caractère. En quatre semaines, De Zerbi a réussi ce que ses prédécesseurs ont échoué à faire : transformer des talents individuels en une meute solidaire. Si Villa a sans doute aidé par son turnover massif, l’agressivité affichée par les Spurs suggère que le « logiciel » a enfin été mis à jour. La route est encore longue, mais le salut n’est plus un mirage.



