Alors que la Premier League s’apprête à donner le coup d’envoi de sa nouvelle saison ce vendredi avec le choc entre le champion Arsenal et le promu Coventry, son directeur général Richard Masters a pilonné la gestion de Gianni Infantino.
« Une blessure auto-infligée »
Face aux micros de la BBC, Richard Masters n’a pas mâché ses mots. L’idée de privatiser une partie de la plus prestigieuse des compétitions internationales est, selon lui, une hérésie managériale et éthique qui menace l’essence même de l’institution.
« C’est un problème créé par la FIFA, une blessure qu’elle s’est elle-même infligée. L’organisation a appuyé sur le bouton d’autodestruction. La FIFA ne devrait jamais envisager de vendre une participation dans la Coupe du monde. C’est une organisation à but non lucratif qui doit gérer cette compétition en fiducie pour l’avenir du football. » — Richard Masters, directeur général de la Premier League
Face à la fronde menée par l’UEFA, la Concacaf et la Confédération asiatique — qui ont publié une lettre ouverte accusant la FIFA de « tromperie » et menacé de boycotter les compétitions —, le projet FFE a dû être retiré en urgence. Dans ce contexte explosif, la Fédération anglaise (FA) a officiellement retiré son soutien à Infantino pour les élections de mars prochain, une décision pleinement appuyée par la Premier League.
Le schisme au sein de la FIFA avant l’élection présidentielle :
| Bloc Anti-Infantino (Frondeurs) | Bloc Pro-Infantino (Soutiens) |
| UEFA (Europe), Concacaf (Amérique du Nord/Centrale), AFC (Asie). | CAF (Afrique), CONMEBOL (Amérique du Sud), OFC (Océanie). |
| Griefs : Vente des droits au privé, atteinte à l’intégrité, manque de transparence. | Arguments : Maintien des garanties financières et des redistributions. |
| Objectif : Émergence d’un « candidat d’unité » d’ici le 18 novembre. | Objectif : Assurer un quatrième mandat à Infantino en mars. |
Cartons rouges, Fair-Play Financier et affaire City : Masters fait le tour des popotes
Au-delà du scandale politique à Zurich, le patron du championnat anglais a profité de cette interview à bâtons rompus pour balayer l’actualité brûlante de la Premier League :
- L’arbitrage de la FIFA dans le collimateur : Masters s’est dit vivement préoccupé par la gestion du carton rouge infligé à Folarin Balogun durant la Coupe du monde, dénonçant l’absence de procédure claire d’examen a posteriori au sein de l’instance internationale.
- Sanctions comparées : Il a tenu à préciser que la récente amende infligée à Chelsea pour des infractions sur les paiements aux agents n’avait « rien à voir » avec des retraits de points appliqués dans le cadre du PSR (règles de rentabilité et de durabilité).
- Le feuilleton Manchester City : Reconnaissant que le procès des 115 infractions financières présumées des Citizens prenait « plus de temps que prévu », il a réaffirmé la volonté de la ligue d’aller au bout du processus légal.
La guerre froide du football mondial est déclarée
En appelant publiquement à l’émergence d’un « candidat d’unité » pour renverser Gianni Infantino avant la date limite de dépôt des candidatures le 18 novembre, Richard Masters et le football anglais ont franchi le point de non-retour. Cette sortie médiatique, orchestrée juste avant la reprise du championnat le plus puissant de la planète, montre que le divorce est consommé entre le bloc européen et la présidence de la FIFA. Reste à savoir si cette fronde occidentale réussira à déloger un Infantino qui conserve de solides soutiens en Afrique et en Amérique du Sud, ou si le football mondial se dirige vers un schisme institutionnel sans précédent.



