En concédant un match nul héroïque mais frustrant contre Everton (3-3) lundi soir, Manchester City a peut-être laissé s’envoler ses derniers espoirs de titre. Malgré un retour in extremis dans le temps additionnel, les hommes de Pep Guardiola ne sont plus maîtres de leur destin.
13 minutes de chaos pur
Tout avait pourtant bien commencé pour les Citizens grâce à une ouverture du score clinique de Jeremy Doku. Mais la seconde période a viré au cauchemar. En l’espace de treize minutes seulement, la défense de City s’est liquéfiée :
- Thierno Barry a profité d’une bévue monumentale de Marc Guehi pour égaliser, avant de s’offrir un doublé.
- Jake O’Brien a enfoncé le clou d’une tête rageuse sur corner.
Si Erling Haaland et de nouveau Doku (à la 97e minute) ont arraché un point, le mal est fait. « Le titre n’est plus entre nos mains. Avant, il l’était, maintenant, il ne l’est plus », a lâché un Pep Guardiola lucide après la rencontre au micro de Sky Sports.
Le calcul est simple : 3 matchs, 3 victoires pour les Gunners
Avec ce faux pas des Skyblues, Arsenal (76 points) sait exactement quoi faire. Les calculs d’apothicaire sont terminés : si les hommes de Mikel Arteta remportent leurs trois derniers matchs, ils seront sacrés champions pour la première fois depuis 2004, quel que soit le parcours de City (dont le maximum possible est désormais de 83 points).
Le sprint final comparé :
| Club | Match 1 | Match 2 | Match 3 | Match 4 |
| Arsenal | West Ham (E) | Burnley (D) | Crystal Palace (E) | — |
| Man. City | Brentford (D) | Crystal Palace (D) | Bournemouth (E) | Aston Villa (D) |
L’avis des légendes : Henry tempère, Rooney s’enflamme
Sur le plateau de Sky Sports, Thierry Henry refuse de crier victoire trop tôt : « Si j’étais Arsenal, je ne penserais pas « nous pouvons nous permettre de perdre des points maintenant ». Rien n’est encore joué, surtout face à West Ham. »
À l’inverse, Wayne Rooney mise tout sur les Gunners. Pour lui, la fébrilité défensive de City — qui a déjà encaissé huit buts sur corner cette saison — est le signe d’une fin de cycle : « C’est l’année d’Arsenal. Le travail d’Arteta face à son mentor Guardiola mérite d’être récompensé. »
Un avantage psychologique et comptable
Au-delà des points, Arsenal possède deux atouts majeurs. D’une part, une différence de buts supérieure (+4). D’autre part, un calendrier bien plus « lisible ». Pendant que City doit encore jongler avec une finale de FA Cup et quatre matchs de championnat en un temps record, les Gunners peuvent se concentrer sur leur demi-finale de Ligue des champions contre l’Atlético et leurs trois « finales » nationales.
Le tournant pourrait même arriver plus tôt que prévu : si City chute contre Brentford et Palace dans les prochains jours, Arsenal pourrait être sacré dès le 13 mai.



